On a tout dit sur ces ? allocataires des minimas sociaux ? : déscolarisation précoce, absence de dipl?mes, mères célibataires, ou encore profiteurs fainéants. Rendez-vous est pris dans une brasserie. Christine* a 49 ans, deux enfants et un parcours qu’elle qualifie ? d’accidenté ?. ? Actuellement, je suis dans le bien être, éducatrice de santé. ? Depuis un mois elle bénéficie d’un nouveau travail en CDI à temps partiel complété par un RSA (Revenu de solidarité active). La fin d’un longue période de RMI.
? A la base, j’ai fait des études supérieures, BAC + 5. J’ai ensuite entamé une carrière de cadre supérieure dans différentes entreprises. Puis j’ai eu mes propres sociétés. Voiture de fonction, l’argent qui ne pose pas de problèmes. Et un jour, je me suis retrouvée à zéro. ? Dépression, séparation familiale et professionnelle. Christine cogérait son entreprise avec son mari. ? D’un jour à l’autre vos amis vous tournent le dos parce que vous n’avez plus la même aisance financière. Vous ne pouvez plus suivre les sorties, les vacances etc. A 40 ans, c’est une sacrée claque. ? Et le recours aux aides publiques n’est pas un réflexe après 15 ans de train de vie luxueux. ? J’ai pas adhéré tout de suite. Pour moi c’était terrible. Pour l’amour propre. J’y pensais même pas. Ce sont les quelques amis qui restaient qui m’ont accompagnée dans la démarche. ?
Christine expérimente alors les obstacles et imperfections des dispositifs d’aide sociale : ? Avec du recul, on a l’impression que le monde est fait pour que, avec un genou à terre, on fait tout pour que vous ayez le deuxième. On considère que vous avez tout votre temps puisque vous n’êtes plus rien. Bien s?r, nous avons une chance inou?e de bénéficier d’allocations comme le RMI mais ?a ne fait pas tout. L’accompagnement et les propositions de formation sont largement insuffisants, il faut avoir la niaque. ?
Dans sa ligne de mire, les instituts de formation liées au P?le emploi qui pour la plupart selon elle, mènent à une ? impasse ? : ? C’est un marché. Les riches consomment du luxe, les classes moyennes consomment du moyen de gamme et même si vous êtes tout en bas, vous êtes quand même de la chair à consommer des formations. Il y a un marché dingue du recyclage des gens qui sont dans la merde. C’est l’exploitation du rêve : dans ma formation, on devait tous être embauchés rapidement et gagner 3000 euros par mois. Résultat, sur vingt-cinq, seuls trois en vivent aujourd’hui. ? Pour sa part, Christine qui touchait environ 600 euros par mois avec le RMI dit toucher la même chose avec son nouveau contrat et son complément lié au RSA : ? Pour moi l’important c’est de travailler. La vie reprend un sens et les opportunités se multiplient. ?
Le parcours de Christine semble peu banal mais il n’est pas un cas isolé : ? J’ai rencontré beaucoup de personnes dipl?mées dans la même situation que moi, surtout des femmes de 40-50 ans, d’ailleurs. Peut être aussi parce que les hommes en parlent moins par pudeur. ? L’histoire de Christine ne provoque pas toujours l’enthousiasme, notamment parmi les personnes qui partageaient son ancienne vie : ? On me traite souvent de folle, car j’ai recommencé une nouvelle vie qui n’a rien à voir ce qu’elle était. C’est pas rose tous les jours bien s?r, mais je ne regrette rien. Au moins je n’ai plus peur de la suite. ?
Et même si Christine porte un dur regard sur l’aide sociale, elle tient à nuancer son jugement : ? Avant, je voyageais beaucoup et il faut bien se rendre compte qu’en France, on nous laisse au moins une chance de relever la tête et de saisir sa chance. Ailleurs c’est beaucoup plus dur. Le principe du RMI-RSA, c’est quand même fabuleux. ?
montre gucci
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